La reproductivité architecturale et urbaine : un raccourci théorique et doctrinal?
Écrit par Khadija KARIBI   

Certaines créations urbaines et architecturales acquièrent une notoriété au point qu’elles se transforment en modèles que d’autres concepteurs cherchent à reproduire. Dans quelle mesure les concepteurs peuvent-ils reprendre une conception qui a « réussi » pour la transposer dans d’autres territoires et sous une nouvelle temporalité ? Cette question sera traitée à travers un cas particulier à Rabat, il s’agit du premier grand Centre Urbain réalisé après l’indépendance (Centre de Hay Ryad). Les auteurs de ce projet ont essayé de concurrencer l’ancien Centre colonial. Cette concurrence passait par l’emprunt à ce même espace de l’expression architecturale et urbaine de son axe principal (le Boulevard Mohammed V). L’objectif exprimé par les concepteurs se référait explicitement à ce dernier. La conception urbaine dépasse les enveloppes bâties pour organiser l’espace dans sa totalité et par rapport à son milieu et véhiculer des messages. Ainsi, au-delà des usages et des fonctions, les concepteurs essayent à travers les espaces qu’ils produisent de transmettre un message et d’exprimer une posture. Ils usent des symboles pour y parvenir, les espaces physiques sont l’expression figée de leurs intentions. Aussi s’interroge-t-on sur le support réflexif qui a accompagné la réalisation du projet du Centre de Ryad ; les auteurs étaient-ils conscients de la portée spatiale de leur référentiel colonial et traditionnel à la fois ? Et quel a été l’impact de ce processus réflexif sur le projet final ?

Notre objectif est de montrer en quoi l’interactivité avec certains référents alimente le paradoxe du positionnement théorique et doctrinal des concepteurs ?

 

*Khadija Karibi, est architecte D.E.N.A, doctorante en « architecture et urbanisation des territoires ». Elle a le double profil de professionnelle et de chercheuse théoricienne dans la mesure où elle a assuré plusieurs postes de responsabilité au sein de la Direction de l’Urbanisme ; aussi bien comme cadre au sein du Service des Schémas Directeurs d’Aménagement Urbains (SDAU), chef de cellule, responsable des SDAU de la région Nord-Ouest, Chef de service de la gestion et des grands projets urbains que chargée de la Division de l’Evaluation et de la Mise en Œuvre . En 2005, elle intègre le laboratoire de « l’Habitat, de l’Architecture et de l’Urbanisation des Territoires » au sein de l’Ecole Nationale d’Architecture de Rabat (ENA). Elle enseigne à l’ENA depuis 2005 et prépare actuellement une thèse de doctorat national portant sur « l’espace public à l’épreuve de la mixité ».

LA REPRODUCTIBILITE ARCHITECTURALE ET URBAINE : UN RACCOURCI THEORIQUE ET DOCTRINAL ?

Des créations urbaines et architecturales finissent par acquérir une certaine notoriété, de par leur conception et la qualité urbaine qu’elles induisent, au point qu’elles se transforment en références voire modèles à imiter ou à reproduire.

Or, une création est-elle reproductible dans un contexte autre que celui d’origine ?

Des auteurs, comme H. Lefebvre[1], ont démontré que l’espace urbain est à la fois produit et production et que chaque société produit son propre espace.

C’est ainsi qu’à travers les objets urbains et leur arrangement, on peut saisir l’action de la société qui les a produits[2]. Cela suppose que chaque processus de production est unique. Cependant, des concepteurs font recours à la transposition d’autres réalisations préexistantes dans l’idée que le résultat escompté serait sûr et garanti empruntant ainsi un raccourci réflexif. Peut-on transgresser la temporalité productive pour recréer des copies conformes à des réalisations qui ont « réussi »?

Pour répondre aux questions posées, nous prenons l’exemple d’un grand projet urbain à Rabat où la conception s’est basée sur l’emprunt d’éléments d’autres modèles, notamment l’ancien centre colonial. Le projet récepteur est le Centre de Ryad[3] et le modèle « recopié » est le Boulevard Mohammed V[4].

 

1- Digression sur deux formations urbaines

Au préalable, il nous semble important de faire une digression sur les deux espaces que nous traitons afin, d’une part, d’y approcher le lecteur, notamment ceux qui ne connaissent pas la ville de Rabat, et d’autre part, d’invoquer leurs contextes respectifs.

Les espaces considérés appartiennent à des tissus urbains qui ont marqué l’histoire urbaine de Rabat à des moments historiques différents. Le Centre de Ryad et le Boulevard Mohammed V sont respectivement les centres du quartier Hay Ryad et de la ville européenne.

Hay Ryad est un projet qui est survenu à une étape spécifique de la croissance urbaine de Rabat où plusieurs chantiers d’habitats ont été lancés. Il devait répondre au double objectif d’organiser le développement urbain de la ville et de satisfaire les besoins d’une classe moyenne, jusque là non pris en compte par les projets précédents. C’est le premier grand projet de l’après indépendance. Pour sa part, l’histoire urbaine du Boulevard Mohammed V se croise avec celle de la ville de Rabat, et dans une large mesure avec la naissance de l’urbanisme moderne au Maroc. Il est le fruit d’un projet colonial survenu avec le protectorat français installé au Maroc dès 1912. Près de soixante-dix ans séparent les deux projets et c’est justement par rapport à la temporalité, prise dans une mesure plus large qui inclut les contingents idéologiques et historiques de production, que la question du sens de la reproductibilité se pose avec acuité.

 

2- Les référents convoqués

Aussi bien le Centre de Ryad que le Boulevard Mohammed V sont l’émanation de l’Etat. Le premier a été initié par le Ministère de l’Habitat et le second par le nouvel ordre colonial qui s’installait au Maroc. Dans les deux cas, l’Etat s’est érigé en développeur urbaniste. L’espace produit constituait un enjeu de taille, car la spatialité physique permettait d’annoncer les producteurs et d’exprimer leur présence et pouvoir.

Les producteurs du Boulevard Mohammed V, semble-t-il, ont atteint cet objectif dans la mesure où d’une part, cet espace est pris comme modèle (c’est le propre de notre sujet) et d’autre part, ce Boulevard a pu se créer une patine historique accentuée par l’image, dans le sens où les photos, en noir et blanc de la ville coloniale, prises durant les années 1950[5] et largement présentées sur les sites d’internet, perpétuent la distinction architecturale et urbaine de certains édifices, notamment les équipements créent une certaine mystification de cet espace[6]. Bien avant, des auteurs ont cautionné ces réalisations. Michel Ragon[7] considère la nouvelle ville européenne comme la seule grande œuvre urbanistique de la France sous la IIIème république depuis Napoléon III.

Les producteurs du Centre de Ryad ont pris le Boulevard Mohammed V à la fois comme source d’inspiration et modèle à concurrencer. Il est cité explicitement comme référence : « La spécificité du projet doit dépasser le formalisme de l’architecture dite néo-traditionnelle. L’objectif de ce concours doit aboutir, à l’instar de l’architecture de l’Avenue Mohammed V, à un type d’expression puisant son originalité dans notre patrimoine et pouvant différencier l’ensemble immobilier et urbain de Hay Ryad de toute autre opération similaire se trouvant dans un autre contexte ou milieu »[8]. Ce discours reprend le même cheminement réflexif sous-jacent de la conception des édifices de la ville européenne. Il se basait sur une arabisation des formes architecturales importées de l’Europe donnant lieu à une architecture dite coloniale ou « d’arabisance »[9]. Elle fut essentiellement adoptée pour les équipements publics.

L’empreint de cette démarche «conceptionnelle» est à analyser sous deux angles : le contexte et le rapport à l’œuvre. Au sujet du contexte, le recours à des éléments architectoniques traditionnels, par les architectes français, s’insérait dans une logique globale qui a pris en compte l’ampleur sociale et politique de l’action urbaine entreprise. Le nouveau régime installe un nouvel ordre politique et social qui a son répondant physique avec des espaces éclatés, ouverts, extériorisés et des tracés, clairs, larges et linéaires. Ces espaces annonçaient de nouvelles pratiques et de nouveaux rapports sociaux. Par conséquent, les producteurs cherchaient à ne pas « choquer » les marocains par cette nouvelle architecture en affichant sur les façades des éléments qui leur sont familiers. Cette démarche servait également un autre objectif. Celui de se distinguer par rapport aux productions précédentes, qu’elles soient marocaines ou européennes, les concepteurs ont voulu créer un nouveau style qui leur est propre.

 

Le Boulevard Mohammed V était le cœur et la façade principale de la nouvelle capitale coloniale qu’il fallait afficher à travers une architecture distinguée des bâtiments. Lyautey a écrit que cette architecture est « L’une des rares manifestations spectaculaires d’un style d’Etat au XXe siècle »[10].

 

Parlant du style architectural adopté, Laforgue disait « Notre architecture est en général, franche, logique, de bon goût, à la page… »[11]. Il estime que l’art marocain traditionnel mérite d’être admiré, conservé, restauré, mais non imité, qualifiant l’emprunt de l'architecture arabe comme une action majeure, « Il y a un point, notamment, dont nous faisons quelque honneur c’est de nous être attachés à l’une des meilleures caractéristiques de la construction arabe, la sobriété extérieure…La construction arabe met son point d’honneur à ne se manifester à l’extérieur que par la ligne, la simplicité des contours et des façades »[12].

Cependant, cette réussite esthétique est relative dans la mesure où certains auteurs estiment qu’elle n’est admirable qu’en dehors de son contexte socioculturel de création, car elle est en dichotomie entre les besoins du peuple et les réactions de l’élite politique de l’époque[13].

 

En puisant de l’architecture et de l’urbanisme du Boulevard Mohammed V, les concepteurs du Centre de Ryad ont puisé de ses référents spatiaux, culturels et sociaux et ont repris le cheminement ‘conceptionnel’ de ses producteurs. En reprenant cette démarche, ils reprennent dans le fond l’image mentale d’une expérience externe à la leur. Cet emprunt est expliqué par la réussite (surtout esthétique) d’un projet et non pas par une argumentation sociale.

Chaque production a sa propre utilité sociale dont les formes en sont l’émanation. Il nous semble que dans ce cas, le réflexe nostalgique et de fascination ont été réactivité au détriment de l’aventure personnelle.

Car l’opérativité de l’action n’est pas mesurée en termes de contextualisation du langage architectural, urbain et constructif (matériaux, techniques de construction, savoir-faire constructif et de mise en œuvre).

Aussi, cette approche comporte le risque de la réduction du processus réflexif et théorique à un formalisme « Chaque avenue, place, rue… ont été étudiées en s’appuyant sur une analyse comparative d’exemples de composition urbaine particulièrement remarquables tant au Maroc qu’à l’étranger… La zone centrale a été conçue dans l’esprit des centres des villes modernes du Royaume. Elle doit structurer les extensions sud-ouest de la capitale, d’où sa double orientation selon deux axes »[14]. Même, les mensurations étaient inspirées d’espaces mondialement connus, « Les perspectives du « Ryad Central » seront bornées au Nord - Est par une place résidentielle. La place carrée (140 m de côté, l’échelle de la place Vendôme) et au Sud-Ouest par la future mosquée » [15].

 

Au-delà de la référence à d’autres modèles, le processus et la temporalité de réalisation sont aussi déterminants.

A travers Hay Ryad, l’Etat indépendant lance son premier projet urbain d’envergure.

L’exercice en lui-même était dubitatif, en ce sens qu’aussi bien l’Etat que les concepteurs inaugurent une nouvelle expérience.

L’hésitation a été culminante avec le report de la réalisation du Centre de Ryad par rapport à son quartier d’accueil. L’idée a été de laisser évoluer la ville et de faire mûrir les réflexions avant de proposer un centre à la hauteur des aspirations de ses initiateurs.

Les producteurs l’ont voulu un espace moderne et doté d’une urbanité raffinée, auquel on assignait une image qui s’aligne sur celle véhiculée par les centres-villes des pays développés. On a voulu afficher l’image d’une ville marocaine dynamique et en plein progrès.

Mais, l’absence de trame théorique de réflexion indépendante et émanant de l’expérience individuelle face à un nouveau projet se traduira spatialement sur le produit final. En effet, la distinction par la matérialité spatiale comme objectif a été atteinte, mais la qualité urbaine est toujours discutée. Comment cet emprunt s’est-il traduit spatialement ?

 

3- La traduction spatiale de la reproductibilité

Ainsi que nous l’avons signalé plus haut, l’expression par le spatial[16] était un enjeu de taille dans la ville européenne, à travers l’architecture et la symbolique des édifices. Sur ce plan, les producteurs du Centre de Ryad savaient que la concurrence du Centre ancien passait par une architecture en mesure de rivaliser celle coloniale.

La spatialité physique constitue le support sur lequel chacun des acteurs essaye de se démarquer, notamment les producteurs vu qu’ils sont leurs initiateurs. Lyautey avait dit : "la grandeur des hommes au pouvoir se mesure à la qualité de leurs réalisations architecturales"[17]. Cette citation résume, à elle seule, l’enjeu de l’espace construit en tant que moyen de l’expression manifeste du statut de son producteur.

Ainsi, au-delà des usages et des fonctions, les concepteurs essayent à travers les espaces qu’ils produisent de transmettre un message et d’exprimer une posture. Ils usent des symboles pour y parvenir, les espaces physiques sont l’expression figée de leurs intentions.

C’est ainsi que dans le Centre de Ryad, les producteurs ont mis l’accent sur l’image, à travers l’architecture et la forme spatiale et la dénomination des espaces.

Par rapport au premier aspect, l’architecture a été un élément déterminant dans la conception de l’espace, notamment au niveau de la Zone d’Affaires qui se prête en premier aux visiteurs[18]. Les façades des bâtiments qui s’étendent sur une longue linéarité, de part et d’autre d’un mail central minéral, sont en verre avec des piliers en marbre. Il s’agit d’une expression architecturale unique à Rabat. Cette architecture représente la transparence, la propreté et la fragilité, mais la couleur bleue et le reflet du verre dégagent une impression de mystère, il permet aux fonctionnaires et employés de voir sans être vus. L'image véhiculée par ces bâtiments est mitigée, elle allie la puissance et la froideur, la transparence et l'ambigüité. Cette confusion est renforcée par la linéarité des bâtiments et la dilution des limites des administrations entre elles.

La puissance de cette image est soulignée par celle des départements qui les occupent.

Le lien entre l’image architecturale est indissociable de celle fonctionnelle dans la mesure où la nature des équipements et des bâtiments renforcent, en grande partie, la symbolique des lieux. A ce sujet, le Centre de Ryad exerce une attraction sur les départements ministériels et privés qui y transfèrent leur siège essentiellement depuis le Centre-ville. Ces équipements procurent à l’espace une symbolique économique, politique et sociale. La Zone d’Affaires et la zone administrative accueillent des édifices à rayonnement national comme la Trésorerie Générale du Royaume, la Caisse des Retraites, la Banque du Maroc et le siège de Maroc Télécom, la symbolique est renforcée par la présence de la représentation européenne qui donne à l’espace une dimension internationale et diplomatique. De même que la concentration des sièges de grandes sociétés privées renvoient à la puissance économique.

La symbolique n’est pas une propriété, mais c’est une mise en symbole de certains objets[19] pour transmettre l’image que veulent véhiculer les producteurs de leurs espaces construits. Dans ce sens, elle sert l’architecture, car les espaces deviennent des médiateurs qui transposent les intentions et les idées de leurs initiateurs. Toutefois, la notion de symbolique urbaine excède celle de l’image d’une ville en intégrant l’idée de « valeurs » affectives et morales qui guident leur organisation et leur appropriation par les usagers.

Le travail sur l’image ne se limite pas à l’expression spatiale ou à la symbolique, mais inclut aussi les dénominations évocatrices des lieux. Dans le Centre de Ryad, deux d’entre elles interpellent : « Centre d’Affaires » et « Mahaj Ryad ». La première renvoie au progrès et à la dynamique économique, mais la faible densité des établissements qui s’y sont installés ne traduit pas réellement cette image, c’est un espace calme qui se vide après les sorties des bureaux. Quant à la seconde appellation « Mahaj », elle désigne en arabe, un lieu de pèlerinage vers lequel les flux convergent, il est par essence attractif et centripète. A ce propos, et à travers cette appellation, étonnamment arabe alors que ce sont le français et l’anglais qui dominent, les producteurs décrètent Mahaj Ryad comme étant l’espace le plus attractif de tout le Centre.

Par ailleurs, la référence à l’architecture traditionnelle s’est limitée à l’appellation, et ce à travers l’adoption du terme Ryad. Ce terme arabe renvoie au jardin et aux grandes demeures bourgeoises des médinas marocaines, lesquelles demeures se distinguaient par la présence d’un grand jardin dans leur patio. Dans ce sens, le quartier a été dénommé « Hay Ryad » et la partie centrale de la zone d’Affaires est dite « Ryad Central ». Cependant, cette dernière appellation demeure savante car elle n’est pas utilisée chez les usagers de cet espace.

Outre les dénominations, le programme initial prévoyait une médina dans l’actuelle zone administrative. La projection de la médina reprenait en fait le schéma de la bipolarité qui caractérise les villes marocaines : un espace traditionnel (médina) face à un autre moderne (la ville européenne). La référence à la médina opérait comme un garant d’une qualité urbaine qui stimule des référents mentaux. Les concepteurs semblaient chercher une profondeur historique à leur œuvre en créent une stratification temporelle artificielle, ce qui soulève la question de l’authenticité et l’inauthenticité des créations. La référence à la médina et non à son usage social (nous pensons que les usages sociaux ne sont pas transposables) a conditionné l’apparition des créations Kitchs, à l’instar du placage de panneaux de zellige (faïence murale traditionnelle) sur des murs en verre.

 

Aujourd’hui encore, dans de nombreux projets urbains, notamment les villes nouvelles en cours de réalisation au Maroc[20], l’injection d’une médina opère plus comme un élément de marketing qu’un besoin social. Nous pensons que cet espace n’est pas simplement des formes à reproduire, mais c’est un modèle social qui a été inscrit dans son propre espace et qu’il serait difficilement reproductible, car les conditions de sa production ne sont plus opérantes.

 

Sur le plan spatial, la portée du Boulevard Mohammed V en tant que référentiel s’est traduite essentiellement sur la forme urbaine du Centre de Ryad. Dans ce sens, les formes des deux espaces (le Centre de Ryad et le Boulevard Mohammed V) offrent une similitude formelle frappante, notamment à travers la construction d’une perspective autour du sacré, la monumentalité, la symbolique des fonctions et la volonté de retrouver les mêmes ambiances urbaines, en dissociant les pratiques de la vie quotidienne du quartier de celles de la ville avec des aménagements appropriés tels les places, les rues commerçantes à l’arrière des façades principales.

Les vues aériennes laissent apparaître une similitude au niveau de la forme globale. Similitude renforcée par le choix de l’emplacement de certains bâtiments emblématiques. Lesquels sont mis en scène par des jeux de formes, des agencements, des enfoncements et des introversions qui rythment la forme globale de l’espace. En fait, le Centre de Ryad est une duplication réadaptée du Boulevard Mohammed V. Les similitudes formelles s’appuient sur la mise en scène, la perspective et l’alignement pour orienter l’usager et contribuer à une meilleure compréhension de l’organisation de l’espace.

Dans les deux espaces, la composition urbaine a permis de dissocier entre une face visible, conçue à l’échelle de la ville et une autre cachée, se rattachant davantage à la vie de quartier. Le passage d’une face à l’autre est conditionné par la manière dont elles sont liaisonnées, les rues perpendiculaires au Boulevard Mohammed V permettent une transition fluide tandis que la sinuosité des voies au Centre de Ryad et la continuité des écrans bâtis percés uniquement par quelques Sabas rendent la communication entre la face cachée et celle visible indirecte.

La similitude est poussée jusqu’à la sacralisation de l’espace à travers l’orientation et l’agencement de l’ensemble autour de la mosquée, laquelle est mise en perspective dans une jonction du sacré et du profane. Le minaret devient un élément essentiel dans l'orientation de la composition générale. Signalant que le minaret de la mosquée Es-souna, située à l’extrémité du Boulevard Mohammed V a été désaxé dans les années 1970, soit près d’un demi-siècle après la réalisation de ce Boulevard. Cette action s’insère dans un processus de re-confessionnalisation du territoire qui a commencé par la suppression des signes de croix des bâtiments publics.

 

 

 

 

 

 

 

a : Vue générale sur le Boulevard Mohammed V du côté de la mosquée Es-souna. b : Vue générale sur le Centre de Ryad du côté de la mosquée du parc. c : perspective sur le minaret du côté de la médina. d : perspective sur le minaret du côté du Mahaj Ryad.

 

 

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Une forme en entonnoir orientée par la perspective sur la mosquée et similitude de la typologie et de la spatialisation des équipements

 

 

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Cette similitude nous interpelle à plusieurs niveaux ; d’abord quelle en a été la finalité ? Et ensuite, la ville peut-elle s’offrir comme modèle à reproduire ou plutôt comme fonctionnement à interpréter et à réadapter ?

 

4- La singularité de l’acte (de la production) et les limites de la reproductibilité

Les modèles sont-ils reproductibles en dehors de leur contexte ? Vouloir reproduire un espace à l’identique ou reprendre certains de ses éléments revient à sous-estimer les processus d’interaction entre les formes de production et d’usage, lesquels confèrent à chaque production sa propre pertinence, chacune a une nécessité sociale correspondant à un registre temporel unique.

Chaque projet à son propre parcours existentiel. L’expérience face à l’œuvre est individuelle comme le signale Boudon. Dans ce sens, la reproductibilité peut se transformer en un déracinement de l’œuvre ancienne et c’est ce déracinement qui fait que des reproductions soient kitsch. Maria Giulia Dondero [21] définit le kitch comme étant « le résultat de la tentative d’effacer l’écart temporel et spatial. C’est la prétention à construire artificiellement des couches historiques ». La reproduction relève d’une mystification du modèle et de l’hésitation de se lancer dans une nouvelle expérience, et de l’incertitude des résultats.

Cette position s’est traduite dans le projet du Centre de Ryad par deux aspects, d’abord la multiplicité des variantes d’aménagement et le temps de sa réalisation. D’ailleurs, la différence majeure entre le projet récepteur et celui « recopié » réside dans ces deux points. En effet, le Centre de Rayd fut construit après la réalisation presque totale de Hay Ryad[22], soit deux décennies après le lancement du projet, ce qui a eu pour conséquence de longues tergiversations en termes de forme, de contenu, de mode d’emploi et de gestion urbaine. Or, l’histoire des villes nous apprend que celles-ci se forment à partir d’un noyau embryonnaire puis elles croissent et se développent par juxtaposition et imbrication des strates différentes, selon des rythmes et des dynamiques qui leur sont propres au gré des contextes et des temporalités. A l’opposé, le Boulevard Mohammed V annonçait en premier la nouvelle ville naissante.

Différer la réalisation du Centre de Ryad était un parti pris des maîtres d’ouvrages[23] : «Hay Ryad ne pouvait donc exister qu’avec son propre centre. Par conséquent, l’une de nos préoccupations premières a été d’inventer le concept de ce centre, de le faire progresser, de le partager en y réfléchissant en commun avec l’ensemble des parties concernées, de le programmer, d’en préserver les réserves foncières, malgré le coût, et d’en différer la réalisation afin de l’adapter plus sûrement aux dimensions réelles de la ville ».[24]

Il a donc été question d’attendre l’évolution de la ville afin d’avoir une visibilité sur ses dimensions et de lui adapter, par la suite, un centre, les derniers espaces valorisés étaient alors ceux dudit centre. Cette précaution faisait de cette intervention une action qui semblait difficile, risquée et à multiples enjeux. Un large débat a entouré sa création[25] au point d’avoir l’impression qu’il s’agit d’une chose externe que les concepteurs voulaient greffer dans une ville qui a déjà pris de l’avance. Le centre a été pris comme une grande question, mais en dehors de son contexte

Les maîtres d’ouvrage expliquent cette démarche par la volonté de créer un vrai centre urbain et non un grand projet immobilier ; il fallait raisonner « urbanisme » au lieu de lotissement « Nous avons eu quelques difficultés à faire admettre à l’équipe des « architectes - constructeurs» qu’ils devaient penser « centre urbain», plutôt que simplement « grand projet immobilier» situé au centre « d’une grande chose »[26]. Cela suffit-il pour favoriser la création de l’urbanité et de l’intensité de la vie urbaine caractéristique des centres ?

Ce processus, déjà long, fut retardé par le trébuchement de l’avancement du projet. Celui-ci fut gelé, pendant près de huit années, à cause du problème foncier dont la mobilisation était délicate[27] et qui s’ajoutait à l’ampleur et à la complexité de l’opération. Les négociations entamées avec les occupants du terrain, support du projet[28], étaient conflictuelles[29].

A l’opposé, le Boulevard Mohammed V était l’interface du nouveau régime. Aussi, sa réalisation était un enjeu de taille à l’image de l’affirmation du règne de ce dernier. Il devait être ainsi « affiché» immédiatement au même moment où la nouvelle ville émerge et se structure. Il fut le premier espace réalisé de la ville nouvelle de Rabat. Son tracé ainsi que celui de la ville ont été figés dès le premier plan d’aménagement de Prost, les terrains étant tous aussitôt valorisés[30]. Les producteurs avaient une visibilité sur le résultat final en termes de formes urbaines, de contenus social et fonctionnel et du rôle à jouer dans la structure globale de la ville. L’hésitation concernait simplement le choix du site d’accueil de ce nouveau centre. En effet, à ses débuts, Rabat se cherchait, elle s’est installée d’abord autour du boulevard Laalou. La revue « la terre marocaine» de 1928 parle des « errements d’une ville qui se cherche à ses débuts et qui trouvera son ordonnance définitive par le plan de l’architecte Prost »[31]. C’est suite à l’implantation définitive de la Résidence dans le quartier de Touarga proche du palais du Sultan et dont le site fut choisi en 1916 à l’intérieur de l’espace intra-muros[32] que la ville va s’orienter vers le sommet de la colline et va être implantée sur un terrain d’environ 80 ha, en face de la médina qu’elle domine ainsi que celle de Salé.

Bien que le centre ait été réalisé de manière progressive, la durée de la construction du Boulevard Mohammed V a été relativement courte eu égard à l’âge d’une ville. Ainsi entre 1912 et 1927, ce boulevard présentait déjà son aspect actuel[33].

C’est dire que l’autorité du pouvoir colonial et les moyens financiers engagés, pour édifier la ville nouvelle et faire du Boulevard Mohammed V son centre névralgique, dépassent de loin ceux mis en œuvre pour réaliser le Centre de Ryad.

Le long temps de réalisation du Centre de Ryad s’est accompagné par un foisonnement des propositions d’aménagement, lequel foisonnement trace l’évolution de sa conception et informe sur les changements survenus entre le programme initial et celui final. En effet, le nombre des variantes d’aménagement témoigne de la tergiversation et de la multiplicité des décisions et des modifications qui ont accompagné la conception de ce projet. Cette tergiversation est à l’image des remous et des enjeux qui ont sous-tendu sa réalisation. Cette hésitation a été perceptible dans la réalisation des éléments paysagers et culturels. La volonté d’introduire ces éléments s’est manifestée par la mise en place des sculptures et des plantations avant la construction même des bâtiments, les premières ont été reprises et les secondes déracinées suite aux changements des concepts d’aménagement. En accélérant le processus, les producteurs semblaient être impatients d’afficher leur production dans sa totalité. Au risque de corriger les erreurs à grandeur nature.

Le temps devient alors une troisième dimension qui rentre dans le processus d’interaction entre le spatial et le social pour influencer la production. La temporalité du Centre de Ryad a occasionné la succession des acteurs dont chacun a voulu apporter sa propre touche. La médina a été supprimée, le programme a changé, les formes ont été reprises, des éléments ont été abandonnés, notamment au niveau du tracé et de la morphologie. Les techniciens semblent être dépassés par les politiques, notamment les élus qui ont voulu confirmer leurs attributions et compétences en exerçant un droit de regard sur les projets architecturaux déposés. A l’opposé, le temps a été en faveur de l’opérativité de la démarche de conception du Boulevard Mohammed V.

Le temps a occasionné l’apparition des acteurs privés qui sont intervenus alors que le projet est en cours de valorisation. Ils ont influencé à leur tour l’image spatiale et la morphologie. La multiplicité des acteurs a dispersé l’expérience individuelle face à l’œuvre architecturale et urbaine et a affaiblit son unicité réflexive

 

La reproductibilité ne peut se limiter à un formalisme, car le modèle n’est pas uniquement physique, il est également et surtout temporel et social. L’interaction du social et du spatial crée l’essence de l’espace et le temps lui donne sa profondeur grâce à la stratification de l’expérience.

 

Non seulement la particularité du Centre de Ryad réside dans sa temporalité par rapport à son environnement urbain, mais également par la réflexion menée à son égard, en ce sens que l’approche fut aussi particulière. Ses producteurs raisonnaient de manière fragmentée : lotissement pour l’ensemble du quartier et projet urbain pour son centre, ce qui a induit une désarticulation structurelle dudit centre par rapport à l’espace sur lequel il est supposé rayonner. Cette démarche focalisée sur l’œuvre a conduit à la négligence de son environnement social et urbain. Ainsi, une différence notable distingue les deux projets, en l'occurrence l'insertion dans le tissu urbain et la clarté des accès. Autant ces derniers sont facilement repérables au niveau du Boulevard Mohammed V, autant ils sont difficilement identifiables au Centre de Ryad. Ce qui soulève la question de l'intégration dans l'armature urbaine. La conception urbaine dépasse les enveloppes bâties pour organiser l’espace dans sa totalité par rapport à son milieu et véhiculer des messages.

 

 

Aujourd’hui, le Boulevard Mohammed V n’est plus le centre luxueux, il se popularise. Mais il a su préserver une urbanité axée sur sa qualité architecturale et urbaine et sur son insertion urbaine et historique. Alors que le Centre de Ryad, malgré son expression architecturale distinguée, n’a pas encore pu se créer une vraie centralité[34].

 

La reproductibilité « extra-contexte» recèle en soi un renoncement à l’expérience et un raccourci de la réflexion, car une production est non seulement une coque, mais elle est aussi un contenant et une stratification des rapports sociaux donc aussi une temporalité et une patine qui se forge, mais ne se transpose pas. La problématique est individuelle. Il faudrait distinguer entre la solution et la résolution, la dernière étant un processus qui aboutit à la première (Boudon). De ce fait, les résultats restent intransmissibles.

 

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Laforgue Adrien, 1932, l’architecture au Maroc, le miracle marocain La région de Rabat, Editions de la vérité marocaine.

Lefebvre Henri,  2000, La production de l'espace, collection ethno-sociologie, Paris, Anthropos, 4ème édition.

Lyautey (L.H.G), 1927, Paroles d’action, Madagascar-Sud Oranais-Oran-Maroc (1900-1926), Librairie Armond Collin, Paris, p. 453, disponible sur le site : http://gallica.bnf.fr.

Mauret (M. E), 1953-1954, «le développement de l’agglomération Rabat Salé », Bulletin Economique et Social du Maroc, volumes XVII et XVIII.

M’barki Mohamed (dir.), 1998.  « Construire la ville, Acteurs et stratégies, l’expérience marocaine de Hay Ryad » Société d’Aménagement Ryad- Association Internationale des Villes Nouvelles. Casablanca.

Micaud (E.C), 1980, « systèmes politiques et modèles urbains au Maghreb », dans : système urbain et développement au Maghreb, travaux de séminaire international de Hammamet organisé par le « social Science Research Concuil » et le « Centre Culturel International de Hammamet » 22-23 juin 1976, Cérès Productions.

Roncayolo Marcel, 1997, La ville et ses territoires, éditions folio.

Oulebsir Nabila, les usages du patrimoine, monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830, 1930), Editions la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2004).

Sperber Dan, Le symbolisme en général, Editions Hermann, Paris, 1974.

 



[1]- Lefebvre Henri,  2000, la production de l'espace, collection ethno-sociologie, Paris, Anthropos, 4ème édition.

[2]- Roncayolo Marcel, 1997, la ville et ses territoires, éditions folio.

[3]- C’est le Centre du quartier du même nom situé dans l’extension sud-ouest de la ville de Rabat.

[4]- Il s’agit de l’axe névralgique du centre-ville (coloniale) de Rabat.

[5]- De nombreuses photographies mémorisent cette période. Marcelin Flandrin a immortalisé cette phase de l’histoire du Maroc. Le Fond du nom du photographe compte 40 000 photos sur différents supports dont 35 000 sont exploitables. En 1994, ce fond fut acquis par la Fondation Banque Populaire pour l'éducation et la culture. Ces photos ont été prises entre le début du XXe siècle et 1957 (la plus vielle date de 1889). Elles restituent des scènes de la vie quotidienne du Maroc colonial.

[6]- En revanche, nous observons que la perpétuation et la consécration par l’image sont négligeables pour l’architecture traditionnelle.

[7]- RAGON Michel, 1972, Histoire mondiale de l'architecture et de l'urbanisme moderne, Tome II, Editions Casterman.

[8]- M’barki. Mohamed, (sous la direction), 1998.  « Construire la ville, Acteurs et stratégies, l’expérience marocaine de Hay Ryad » Société d’Aménagement Ryad- Association Internationale des Villes Nouvelles. Casablanca.

[9]- Jonnart Charles, Gouverneur Général de l’Algérie au début du XXe siècle, fut l’instigateur de cette architecture arabisante dans le nord d’Afrique (OULEBSIR Nabila, les usages du patrimoine, monuments, musées et politique coloniale en Algérie (1830, 1930), Editions la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2004).

[10]- Lyautey (L.H.G), 1927, Paroles d’action, Madagascar-Sud Oranais-Oran-Maroc (1900-1926), Librairie Armond Collin, Paris, p. 453, disponible sur le site : http://gallica.bnf.fr.

[11]- Laforgue Adrien, l’architecture au Maroc, le miracle marocain La région de Rabat, Editions de la vérité marocaine, 1932.

[12]- Lyautey (L.H.G), 1927, op.cité.

[13]- Micaud Ellen.C, 1980, « systèmes politiques et modèles urbains au Maghreb », dans : système urbain et développement au Maghreb, travaux de séminaire international de Hammamet organisé par le « social Science Research Concuil » et le « Centre Culturel International de Hammamet » 22-23 juin 1976, Cérès Productions.

[14]- Société d’Aménagement Ryad, règlement du concours national d’idées relatif à l’ordonnancement architectural du pôle d’animation de la zone centrale du projet Hay Ryad, mars 1986.

[15]- Société d’Aménagement Ryad, règlement du concours national d’idées relatif à l’ordonnancement architectural du pôle d’animation de la zone centrale du projet Hay Ryad, mars 1986.

[16]- Dans les deux projets, la production est perçue comme une œuvre à protéger. Les producteurs veillent à assurer un droit de regard sur leur production et celles à venir, la Société d’Aménagement de Ryad (maitre d’ouvrage) a veillé à surveiller les autorisations de construire alors que c’est au président de la commune que ce droit revient. Pour sa part, le Projet de la ville européenne a été inscrit dans la durée. C’est ainsi que le concepteur, Prost, s’est vu attribuer le rôle de « surveillant » à travers le contrôle du service d’Architecture et des Plans de villes en 1914-1924.

[17] - Brian Taylor, janvier 1982, «discontinuité planifiée villes coloniales modernes au Maroc », les cahiers de la recherche architecturale, nº 9 Paris,

[18]- Le Centre de Ryad se présente sous forme d’un axe composé de six séquences, la Place Carrée (commerces, bureaux et habitat, Mahaj Ryad (Habitat et commerces), Zone d’Affaires, Parc, Zone Administrative et Place Commerciale (Habitat et commerces).

[19]- SPERBER Dan, Le symbolisme en général, Editions Hermann, Paris, 1974.

[20]- Tamesna (près de Rabat) et Tamnsourt (près de Marrakech)

[21]- Maria Maria Giulia Dondero. Reproductibilité, faux parfaits et contrefaçons : entre fétichisme artistique et goût esthétique. Nouveaux Actes Sémiotiques [en ligne]. Actes de colloques, 2006, Kitsch et avant-garde : stratégies culturelles et jugement esthétique.Disponible sur : (consulté le 06/01/2011

[22]- ses producteurs le considèrent comme ville nouvelle (il est réalisé sur une superficie de 500 ha), mais d’autres estiment qu’il n’est qu’un quartier, car il ne dispose pas du statut administratif de ville.

[23]- Le projet a été lancé en 1979 et les premières réalisations du Centre de Ryad n’ont commencé qu’au début des années 1990, aujourd’hui, cet espace est toujours partiellement en chantier.

[24]- M’BARKI Mohamed (dir.), 1998, op.cité.

[25]- Quinze ans après la création de la SAR et dix neuf ans après le lancement du projet de Hay Ryad, un séminaire a été organisé en 1998 en vue de débattre de la vision de la centralité de ce quartier.

[26]- M’BARKI Mohamed (dir.), 1998, op.cité.

[27]- Des vingt cinq secteurs qui composent Hay Ryad, deux (14 et 25) n’ont été assainis qu’en 2006.

[28]- On comptait à l’époque 1000 exploitations et 1500 familles occupant une chaine de bidonvilles entre Rabat et Témara.

[29]- Les guicheurs ont même organisé une marche de protestation en direction du Palais Royal, mais qui fut arrêtée par les autorités locales.

[30]- MAURET (M. E), «le développement de l’agglomération Rabat Salé », Bulletin Economique et Social du Maroc, volumes XVII et XVIII, 1953-1954.

[31]- CHASTEL Robert, Rabat-Salé, Vingt siècles de l’Oued Bouregreg, Editions La porte (2ème édition), Rabat, 1997, p196.

[32]- La médina de Rabat n’était pas encore achevée, l’espace intérieur de l’enceinte Almohade permettait son extension. Elle est le cas marocain unique où la ville nouvelle a été construite à l’intérieur de la médina. La Résidence Générale fut bâtie au lieu dit des « trois figuiers », et inaugurée en 1922 pour la visite du Président Millerand. Le site fut choisi pour des considérations d’ordre militaire, politique et géographique.

[33]- L’hôtel Central des Postes, a été inauguré en 1918, la Banque du Maroc a été achevée en 1925, l’hôtel Balima était encore en chantier en 1926, la nouvelle Gare quant à elle sera terminée en 1924, la Trésorerie Générale et le Palais de Justice (l’actuel parlement) ne seront achevés respectivement qu'en 1928 et 1932, l'hôtel Terminus, l'hôtel d'Orsay et le café Bar de la gare étaient également construits.

 

[34]- Nous entendons par centralité une réciprocité et synthèse des formes d’organisation spatiale et des compétences sociales dans une recherche d’interaction, de divertissement et de symbolique. C’est une dimension qualitative des espaces.