Mujtamaa Wa Umran - villes nouvelles au maroc

 

Villes nouvelles en application : des réalités différentes

La «ville nouvelle» de Hay Ryad

Sonia SERHIR*

Mots clés : Politique urbaine, Maroc, Ville nouvelle, Hay Ryad

 

 

Sonia SERHIR*

icon art1 (495.23 KB 2016-12-22 19:13:22)

Résumé : La problématique des villes nouvelles n’est pas récente. Elle s’est présentée tout au long de l’histoire des établissements urbains.

Loin d’être une innovation, ce concept trouve son origine dans un mouvement de pensée développée depuis le 19ème siècle par Ebenezer Howard[1], matérialisé par sa perception de la « Garden-city » (la cité-jardin) dont la première concrétisation fut réalisée dans la banlieue londonienne[2] en 1903.

Un modèle qui fut transposé ensuite dans plusieurs pays, dont le contexte politique et économique est différent et ce, pour de nombreuses finalités: la volonté de mettre en application les principes modernes de la composition urbaine howardienne, la maîtrise des phénomènes de spéculation, la coordination de l’intervention publique, la création de fonctions spécifiques, l’absorption de la croissance démographique ou encore l’orientation de la croissance de l’urbanisation. Une utilisation en vogue du concept pour qualifier des réalités souvent dissemblables.

Au Maroc, la notion nous est familière vu qu’elle est née avec la naissance de la ville marocaine elle-même. Toutefois, ce n’est qu’avec l’adoption par le pays en 2004 de la politique des villes nouvelles que le concept connaît un usage abusif et volontaire pour désigner des entités ayant très peu de traits communs, avec des fonctions assez variables.

Une ambigüité suffisante pour envisager d’en étudier les différentes fonctions et typologies et d’en déceler, en dépit de la polysémie du concept, des caractéristiques majeures propres aux villes nouvelles susceptibles de les distinguer des autres opérations urbaines.

Nous aborderons ensuite l’évolution du concept de ville nouvelle au Maroc avant de se focaliser sur le cas de Hay Ryad: un exemple précurseur de la politique.



*Sonia SERHIR est architecte diplômée de l’Ecole Nationale d’Architecture de Rabat et doctorante en « Aménagement, Développement et Gestion de Territoires ».Elle mène son travail de thèse sous la direction du Professeur Mohammed REFASS, Université Mohammed V-Agdal, département de Géographie, Centre d’Etudes et de Recherches Géographiques (CERGéo).

Elle a débuté sa carrière au sein de l’Agence Urbaine de Rabat-Salé pour rejoindre plus tard le Ministère du Tourisme en tant que Chef de Projet de la zone Nord du Maroc à la Direction des Aménagements et des Investissements. En 2008, elle intègre la Caisse de Dépôt et de Gestion où elle occupe actuellement le poste de Responsable Aménagement et Planification Urbaine.

Au delà de son profil de technicienne, elle est chercheuse théoricienne et prépare actuellement une thèse de doctorat national portant sur « Hay Ryad: de la ville nouvelle au quartier? »

[1] Urbaniste anglais célèbre par sa création de la cité-jardin (Garden-city): un nouveau modèle des villes de banlieue.

[2] Il s’agit de Letchworth Garden City dans la banlieue nord de Londres mise en application par Raymond Unwin.